Mardi 28 novembre 2006
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De Tiznit à Pékin
L’histoire du groupe a démarré en 1991 quand, inspiré par la “nouvelle vague de groupes amazighs” comme Oudaden ou Inerzaf, et après quelques expériences avec des musiciens de Tiznit, Abderrahmane Habou décide de monter Imghrane, avec à ses côtés celui qui tient toujours le banjo, Mohamed Essalk. Après un premier disque, son frère Boujmaâ le rejoint en 1995, puis Larbi quatre ans plus tard.
Depuis, c’est ce dernier qui écrit les poèmes qui alimentent les paroles du groupe, au rythme d’un album par an... Aujourd’hui le cadet Larbi, qui se consacre à la musique, est donc la plume et la première voix d’Imghrane, et il gère la société de production familiale. Boujmaâ, potier, aide son père à l’atelier. Et Abderrahmane, en plus de l’école, s’occupe de la communication du groupe.
Musicalement, le style d’Imghrane laisse entrevoir les liens finalement pas si lointains entre la tradition du Souss et certaines sonorités celtique ou sud-américaines. Un “amarg blues” du Sud marocain, doux et presque planant, à l’image de ce far-west maghrébin. “Pour moi, ils sont l’un des grands espoirs de la musique amazighe dans le Souss, ils puisent dans le passé, chez les grands, pour enrichir leur travail, qui est contemporain et rigoureux.
C’est aussi ça leur force. Ils sont déjà connus mais je parle d’espoirs car je pense qu’ils iront très loin”, confie Brahim El Mazned, directeur du festival Timitar, à Agadir, où Imghrane s’est produit cet été, de retour d’une tournée d’une quinzaine de jours en Chine qui les a conduits, entre autres, à représenter le Maroc sur la scène du Théâtre national populaire de Pékin.